La classe labo 2013-2014

Les Chantiers Nomades, en collaboration avec le Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse, et en partenariat avec le Pavillon Mazar, ont mis en place un cycle de perfectionnement à caractère interdisciplinaire qui consiste à accompagner vers l’insertion des jeunes comédiens qui ont pour projet de faire du théâtre leur métier. D’une durée d’un an, la « Classe Labo » est ouverte à dix acteurs/trices titulaires d’un D.E.T. ou d’une équivalence d’études théâtrales.

Financée par la Région Midi-Pyrénées et la Ville de Toulouse, démarrée en 2013-2014, elle sera renouvelée en 2014-2015 et 2015-2016. Les parcours des comédiens de cette première promotion sont très variés.

L’audition se déroulait en plusieurs étapes :

– Un dossier de renseignements : parcours, motivations, projets

– La présentation d’une scène en anglais ou espagnol du répertoire classique ou contemporain – La présentation d’un parcours libre d’une dizaine de minutes, une proposition scénique et artistique d’un univers, d’un engagement sur le théâtre, et d’envies de projets à venir

– Un entretien avec le jury Accompagné par un tuteur, chacun des comédiens suit ce cursus de 660 heures composé de différents volets, tout en inventant et proposant divers projets.

Les 10 comédiennes et comédiens qui constituent la Classe Labo 2013-2014 sont : Charlotte Castellat, Yoann Daunay, Militza Gorbatchevsky, Clémence Labatut, Jessica Laryennat, Oliver Théodore, Quentin Quignon, Mélanie Rochis, Louise Tardif, Fanny Violeau.

La première promotion de la Classe Labo se rencontre et se constitue ainsi autour de plusieurs événements, stages de recherche, formation continue, projets professionnels, projets de transmission… Ils reviennent sur le parcours qu’ils ont partagé ensemble ces huit derniers mois.

 

 


PERNAND-VERGELESSES

Nous commençons la formation par 4 jours à Pernand-Vergelesses, village bourguignon près de Beaune, où se rassemblent les élèves de différentes écoles de théâtre, invités par Jean-Louis Hourdin, chef de troupe, metteur en scène, pour participer au quatrième Printemps de la Maison Jacques Copeau. Pour cette «Fête à Copeau», universitaires et professionnels se lancent, pendant trois jours, dans une série de conférences sur le thème de la décentralisation et autour de cette figure de proue qu’a été Jacques Copeau. Pointues et éclairantes, ces conférences sont ponctuées par des spectacles et des repas conviviaux : un très bon moment.

 



RENCONTRES

 Au fil des semaines, Pascal Papini, coordinateur du projet, organise pour nous des rencontres avec différents acteurs du réseau artistique de Toulouse et du Midi-Pyrénées. Professionnels artistes, Jean-Louis Beyler, Jean-Jacques Mateu, François Fenher, producteurs, l’association La Cuisine, programmateurs, Quentin Dullieu et Pierre Boisson, directeurs de théâtre, Pascal Paris, Bruno Houlez et personnalités liées aux institutions culturelles, Vincentella de Comarmond, Jean-Louis Sautreau, Sylvie Castro… Ces rencontres ont su nous éclairer face à certaines méconnaissances et inquiétudes, de sorte qu’il nous paraît, si ce n’est plus aisé, tout du moins plus concret, de développer aujourd’hui un projet de façon professionnelle. Nous en sortons avec le sentiment d’être entourés, de pouvoir entrer en dialogue, réinventer, rêver ensemble avec des partenaires qui sauraient accompagner des démarches artistiques fortes.

 


FORMATION DU COMEDIEN

 Durant plusieurs semaines, nous avons suivi divers cours afin d’entretenir et d’approfondir nos «outils» en tant que comédiens.

Parmi ces enseignements techniques et artistiques, des modules de théâtre en anglais et en espagnol sont proposés, qui nous donnent l’occasion de travailler la spécificité de chaque langue, à travers un travail de scènes et d’improvisations. Des modules de danse et d’acrobatie nous permettent d’expérimenter et d’enrichir nos outils, avec des exercices sur le mouvement, le corps dans l’espace, le rythme…

Il nous a également été proposé de suivre un stage de dramaturgie d’une semaine mené par Daniel-Jacques Hanivel, dramaturge de la compagnie Le Menteur volontaire, au cours duquel nous avons dressé un panorama des politiques culturelles en France depuis les années 1950 et travaillé à des mises en situation d’analyses et de réflexions dramaturgiques à partir de textes de Brecht.

 


ASSOCIATION

La Classe Labo met en place les conditions et les outils favorables à la réalisation de nos projets personnels. Chaque acteur-créateur reçoit tout d’abord le soutien d’un tuteur (Caroline Bertran Hours, Coline Chinal Pernin, Nathalie Rizzardo, Pascal Papini, Sacha Sailles) afin d’appréhender au mieux nos objectifs et nos projets.

Sous l’impulsion de Pascal Papini, nous créons l’association Laborateurs-Pépinière d’artistes : elle a pour objectif de défendre et de promouvoir nos projets artistiques et professionnels. Laborateurs voit le jour en janvier 2014 et son premier Conseil d’Administration se réunit en mars.

Ce dernier se compose de Jean-Louis Guichard à la Présidence, Karen Piotrowski, secrétaire, Quentin Dulieu, trésorier, ainsi que de Céline Maufra et Aurore Carpentier. Il endosse le rôle de conseiller et juge pour garantir la pertinence et la viabilité des projets dans leur réalisation concrète, notamment en terme de budget et de diffusion.

Pour nous permettre de continuer à travailler, des salles sont mises à notre disposition au Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse, et une carte blanche nous est proposée en juin à la Cave Poésie pour promouvoir nos projets à venir.

Quatre projets ont actuellement déjà fait l’objet d’une présentation au CA et prennent forme dans leur recherche de partenaires et de subventions : un projet qui réunira les dix Laborateurs autour des textes des 120 Voyages du fou pour une déambulation sur des lieux en marge du monde à partir de septembre prochain, la mise en scène de Caligula de Camus par Clémence Labatut qui rassemble six Laborateurs, le projet Qu’est-ce que le théâtre par Quentin Quignon, Théodore Oliver et Fanny Violeau, et des ateliers dans le cadre du festival Novado organisé par la MJC Rodez.

Dossier Laborateurs (1)


INTERVENANTS – FORMATEURS

  • ESPERANZA LOPEZ

Originaire d’Irún (Pays Basque espagnol), Esperanza Lopez s’est formée en Espagne, notamment au mime et en pratiquant le théâtre de rue dans les années 1980. Elle a collaboré avec nombre de metteurs en scène dont Rodrigo Garcia et Oskar Gómez Mata, avec qui elle travaille depuis de longues années dans la Cie l’Alakran.

Le travail d’Esperanza Lopez se focalise sur la présence de l’acteur. Cette présence est recherchée à travers l’improvisation afin de préparer le comédien à être entièrement disponible au moment présent de la représentation.

L’idée classique du personnage est abandonnée au profit d’un état présent du comédien qui exige précision, acuité, malice et réactivité. L’acteur est à nu, le rapport au spectateur plus immédiat, moins distancé, et dans cette complicité, le comédien doit redoubler de maîtrise et d’envie de surprendre.

Au cours de la première semaine,  Esperanza nous initie à nombre de ses exercices ainsi qu’à une pratique régulière du yoga. Elle nous permet d’avancer progressivement dans la maîtrise de cette technique nouvelle.

Les deux semaines suivante sont l’occasion d’approfondir et de nous aventurer dans de vraies propositions de création autour de la thématique de la performance. Les exercices d’Esperanza pour nous amener à créer nous surprennent et nous stimulent énormément : entre novembre et mars, elle reste en lien avec nous par mail, et nous fait des propositions qui nous permettent de nous constituer des matériaux de travail originaux. Ainsi, nous nous faisons passer, durant les mois entre les deux stages, des objets que l’on transforme et offre de façon étonnante, nous travaillons, chaque jour de la semaine qui précède le stage, à la confection de «poèmes» au sens large qui constituerons une matière pour des propositions de plateau, nous étudions la vie et l’oeuvre d’un artiste-performeur afin de proposer par la suite un acte théâtral s’en inspirant… Chacun investit beaucoup de lui-même dans ce stage riche en surprises, en audace, en humour, sous le regard bienveillant et malicieux d’Esperanza.

Esperanza Lopez 2

  • GMEA

 En décembre, nous nous sommes immergés dans une approche globale « du son au plateau », accompagné par Thierry Besche (directeur du GMEA d’Albi ) et Benjamin Maumus (ingénieur du son dans le groupe). Ces deux passionnés de son(s) entretiennent une forme de militantisme pour la prise en compte du son dans les formes artistiques et théâtrales. Ils ont su nous transmettre avec beaucoup de bonne humeur leur savoir et l’énergie de leur engagement.

Accueillis en résidence au Théâtre Le Colombier à Cordes sur Ciel, nous avons re-parcouru l’histoire du son, notamment au théâtre, et été sensibilisés au son par des écoutes d’œuvres sonores et la manipulation de divers outils techniques (appréhension du duo micro/ haut-parleurs, prise de sons sur le terrain, travail à la table de mixage…).

Riches de ces enseignements, nous avons accepté une proposition de projet pour les Nuits Sonores en avril à Albi et nous sommes alors consacrés à un travail de création sonore.

A partir d’un texte de Simone Weil sur la condition ouvrière, nous avons créé une polyphonie et réfléchi à une installation sonore destinée à accompagner le spectacle La Fabbrica de Luigi Nonno, créé dans le cadre du festival par la Compagnie Le Grain, Théâtre de la Voix, au musée du Saut du Tarn.

Ainsi, les 12, 13, 14 et 15 avril, quatre d’entre nous ont proposé des lectures philosophiques dans un dispositif sonore avec casques et bande son qui s’inscrivait en deuxième partie de représentation après La Fabbrica. Ce fut l’occasion de découvrir et d’investir ce lieu puissant qu’est l’ancienne métallurgie du Saut du Tarn et également de faire la rencontre de l’équipe artistique de la Cie du Grain.

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  • YANN-JOEL COLLIN

Yann-Joël Collin est comédien et metteur en scène. Après avoir travaillé pendant de nombreuses années aux côtés de Didier-Georges Gabily, Yann Joël Collin crée, en 1993, avec plusieurs amis, la compagnie La nuit cachée par le jour, dont il assure des mises en scène. Le travail de ce groupe vise à faire entendre des textes classiques ou contemporains, en questionnant notamment l’outil vidéo et la relation au public : comment faire théâtre d’un texte en n’entrant jamais dans la fiction, en questionnant et révélant, avant tout, le temps présent de la représentation ?

Pendant quatre semaines, nous avons travaillé sur Gibiers du Temps, pièce de Gabily qui revisite les mythes de Phèdre et de Thésée. Didier-Georges Gabily (1955-1996) est un metteur en scène, romancier et auteur de théâtre contemporain français dont le travail est principalement orienté sur la réécriture de mythes et d’œuvres déjà existants. En 1986, il crée le DG Groupe qui deviendra le Groupe T’Chan’G en 1989, groupe auquel Yann-Joël appartient.

Après une semaine de lecture, d’analyse du texte et d’approche de la langue « gabilyenne », nous montons la première période de l’oeuvre au Pavillon Mazar. Nous nous approprions alors l’entièreté du lieu, qui offre une multitude d’espaces de jeu, et cherchons avec Yann-Joël le traitement des différentes scènes avec les outils à notre disposition. La caméra et la rétro-projection, que Yann-Joël inclue à la dramaturgie, trouvent alors leur pertinence pour plusieurs scènes, avec chaque fois un sens différent, et nous donnent l’occasion de nous essayer à un jeu caméra en direct. La direction d’acteurs de Yann-Joël, pour nous atteler à la langue de Gabily et trouver l’adresse au public, enrichit le jeu chez chacun d’entre nous.

Que ce soit dans le travail ou dans tous les moments de convivialités que nous partageons au Pavillon Mazar, la rencontre avec Yan-Joël Collin nous ravit par sa simplicité, pleine d’humour, de camaraderie et de bon vivre !

 Yann-Joël Colin

  • ALBI / OUVERTURE(S)

 Les 28 février, 1er et 2 mars 2014, nous participons au spectacle d’inauguration du nouveau théâtre d’Albi, le Grand Théâtre. Au côté d’une soixantaine d’autres artistes, professionnels et amateurs, et de techniciens nous nous glissons dans cette forme gigantesque qui répond à la commande du directeur, Pascal Paris, d’ouvrir le nouveau lieu de la Scène Nationale par une grande fête de tous les arts. Le pari est énorme, d’autant que la construction du théâtre s’achève en même temps que l’inauguration se trame, et Sébastien Bournac, le metteur en scène chargé de faire éclore ce spectacle, fait appel à nous pour l’aider à le relever.

Nous travaillons ainsi avec lui, en amont, à l’écriture du spectacle en échangeant idées, textes et propositions, pour construire la dramaturgie de cette forme impossible. Sur le papier, l’ambition est aussi extravagante que folle, et la réalité des choses s’est avérée du même acabit !

Nous nous retrouvons, les dix Laborateurs, à tisser le lien autant dans le spectacle, entre les différentes propositions artistiques, comme techniciens/acteurs/représentants du théâtre, que dans les coulisses où se rencontrent, en très peu de temps, tous ces artistes qui doivent apprendre à fonctionner ensemble.

La convivialité est au rendez-vous, les troupes s’assemblent avec courage, énergie et bonne humeur, et quatre soirs de suite, 900 spectateurs assistent à un grand spectacle en éternel recommencement où s’entremêlent numéros de cirque, chants, citations de Pina Bausch ou encore Keersmaker, marionnette géante… Pari réussi !

Ouverture Albi

  • HENRI HERRE

 Le réalisateur Henri Herré entame avec nous un véritable laboratoire de recherche autour de l’outil téléphone portable. Après avoir pris une journée en février pour étudier ensemble comment le téléphone portable est aujourd’hui utilisé pour faire de la vidéo (de nombreux concours de micro-films requièrent notamment son utilisation), Henri a souhaité que nous nous interrogions et expérimentions davantage cet outil et les nouveaux types de prises d’images qu’il permet.

Dans ce chantier, nous devenons alors à la fois acteurs et réalisateurs, acteurs-créateurs de nos films et expérimentons les champs du jeu « caméra/téléphone portable » avec des monologues de théâtre et de films, des scènes inventées, des interviews.

Chaque après-midi, nous arrivons chacun avec des exercices que l’on a tourné individuellement le matin, nous les regardons et les commentaires permettent de réorienter le travail pour l’après-midi. Plusieurs exercices sont poursuivis et approfondis de jours en jours comme le travail sur les personnages de théâtre connus dont on propose un background de ce qu’ils feraient aujourd’hui, avec quelle névrose/maladie, ou encore le travail de monologue de théâtre à la caméra.

Nous sommes particulièrement touchés par la démarche expérimentale de Henri, qui prend le risque avec nous d’explorer un domaine encore inconnu. Nous faisons des découvertes ensemble et il y a là quelque chose d’assez excitant.

 

  • JEAN-LOUIS HOURDIN

 Jean-Louis Hourdin est comédien, metteur en scène, et directeur du GRAT (Groupe Régional d’Action Théâtrale) qu’il fonde en 1976 avec Arlette Chosson.

Après l’avoir rencontré autour d’un verre amical lors de le Fête à Copeau, il accepte de nous accueillir chez lui pour un stage en avril.

Ainsi, nous faisons le voyage pour passer deux semaines en Bourgogne où nous logeons dans un gîte à Cluny et nous rendons chaque jour dans la salle de spectacle de la compagnie de Jean-Louis à Massilly, à deux pas de sa propre maison. Dans cette salle étonnante qui a vu trente ans de sa vie artistique, en vieux parquet, affublée de quelques projecteurs et lampions de bal populaire, nous entamons une rencontre précieuse où nous partageons, en lecture, les textes, les poèmes qui nous ont donné envie de faire du théâtre et ravivent ce désir. Nous découvrons ce grand Monsieur qu’est Jean-Louis, sa tendresse pour les textes et les comédiens, et chacun dévoile également aux autres son histoire particulière avec le théâtre, dans des moments forts en émotion.

Au cours de ces deux semaines théâtrales et conviviales, nous prenons le temps d’écrire, de lire, ou relire, ensemble de nombreux textes et pièces, Brecht, Hörvath, Genet, Pessoa, Lorca… et également de rencontrer les gens du coin. C’est ainsi que la veille de notre départ, pour renouer avec une tradition que Jean-Louis a longtemps entretenu dans sa commune, nous donnons un «cabaret joyeux» chez Claudine, au bar du coin, devant les habitants de Massilly venus pour l’occasion. Pour cette soirée, lectures, poèmes, chansons et théâtre, dans une adresse simple et amicale.

 Jean-Louis Hourdin

 


VOLET PEDAGOGIE

Nous revenons en avril au Théâtre du Colombier à Cordes sur Ciel pour une résidence de quinze jours visant à nous préparer à enseigner le théâtre et notamment à présenter le Diplôme d’Etat, dans la perspective de son rétablissement.

Pour accompagner son cours théorique (qui s’appuie notamment sur un texte de Jean-Claude Mezière, fondateur de la pédagogie théâtrale des quinze dernières années), Pascal Papini avait proposé, lors de notre dernier passage à Cordes sur Ciel, à deux professeurs de français Isabelle Lajanié et Brigitte Marty ainsi qu’à l’instituteur David Tartard d’organiser avec leurs élèves de 3ème et de CM1 des ateliers. Les trois enseignants prennent la proposition avec grand intérêt et nous libèrent cinq à six créneaux de 1h30 à 2h avec chaque classe.

Nous entamons ces deux semaines en s’essayant entre nous à des séances de 45 minutes que l’on commente pour évaluer ce qui convient en terme de posture de l’artiste-enseignant, prise en compte des élèves, construction de la séance…

Les jours suivants se déroulent au rythme de l’accueil des différents groupes d’élèves dans les locaux du Colombier, y compris dans le jardin où grâce au beau temps, plusieurs classes s’échauffent sur la pelouse. La rencontre avec les différentes classes nous met tous en joie. Tout le monde trouve très vite à se mettre à l’aise et à s’amuser. D’un duo de travail à l’autre, nous communiquons beaucoup, nous entre-aidons dans la préparation des séances et la compréhension des points forts et des difficultés rencontrées.

De plus, quand les uns animent des ateliers, les autres avancent sur notre projet d’association, budgétisent, rédigent, prennent des rendez-vous… un sacré fourmillement dans une ambiance toutefois très détendue dans ce cadre plutôt idyllique.

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